Rencontre avec l’anthropologue Christian Culas

Dans le cadre de l’enseignement d’exploration Littérature et Société au Lycée Français Marguerite Duras, les élèves de seconde ont rencontré Christian Culas, un anthropologue, qui leur a parlé de son métier et de ses expériences, au Vietnam notamment.

Son parcours
Christian Culas a obtenu un bac scientifique, puis a continué des études scientifiques dans le sud de la France, avant de se rendre compte qu’il préférait la philosophie et la sociologie. C’est ce qui l’a emmené vers un domaine plus précis : l’anthropologie.
Christian Culas portait un intérêt assez particulier pour le monde chinois. Il rencontre un jour des Hmong du Laos, une population vivant dans les montagnes de l’Asie du Sud-Est et une de leurs phrases déclenche son désir de poursuivre ses recherches sur eux : “On est Laotiens ​mais​ on est Hmong”.

Pour clarifier votre travail aux yeux de tous, quelle est la différence entre ethnologue et anthropologue ?
Ces noms sont justes des appellations, en effet, « anthro » signifie homme et « ethno» signifie peuple. Donc l’anthropologue étudie l’homme dans sa société tandis que l’ethnologue étudie le peuple en général. Le travail est très similaire, mais le nom d’anthropologue est davantage pris au sérieux !

En quoi consiste exactement votre travail ?
Un anthropologue passe beaucoup de temps sur le terrain, et rencontre du monde. Plus précisément, je rencontre des groupes de population considérés comme des ethnies minoritaires, et essaie d’en apprendre plus sur eux. J’écris après mes séjours sur le terrain des comptes rendus sur ce que j’ai observé : leurs traditions, leur organisation sociale et leurs croyances. D’ailleurs, l’appellation “ethnies minoritaires” me dérange car dans certains pays, au Laos par exemple, ce sont justement ces groupes qui constituent la majorité de la population. Ils sont appelés ainsi parce qu’ils sont sous l’autorité d’un gouvernement qui n’est pas le leur et sont donc considérés comme “minoritaires”.

​Combien de temps restez-vous avec les populations ?
Parfois on ne m’autorise qu’à rester une quinzaine de jours, mais l’idéal est au moins un mois, étant donné qu’il faut déjà 2 ou 3 jours pour s’adapter.

Avez-vous été confronté à des difficultés lors de vos rencontres ?
La rencontre avec la population n’est pas compliquée ! C’est plutôt le passage par l’administration qui l’est ! (​Il rit ​) Les enquêtes ne se font pas qu’avec les paysans, il faut aussi un rapport de confiance avec la police locale. Voyez, je suis étranger alors le gouvernement vietnamien vérifie que je ne suis pas un espion. Le plus difficile est d’obtenir le droit de séjourner chez les habitants. Les autorités procèdent à beaucoup de vérifications et ne veulent pas que je pose n’importe quelle question. Il m’est d’ailleurs arrivé de devoir être accompagné.

​Apprenez-vous la langue ou le dialecte des différentes populations que vous étudiez ?
Pour les Hmong, oui. C’est en apprenant le chinois que je les ai découverts, donc j’ai ensuite appris le Hmong, pendant deux ans. Il est possible de séjourner avec des populations sans connaître leur langage, mais dans ce cas, il faut un interprète. Ainsi, l’échange n’est pas très spontané, donc je trouve qu’il vaut mieux parler la même langue.

​Y a-t-il des qualités requises pour devenir anthropologue ?
La curiosité principalement, la capacité à intégrer de nouvelles choses, à savoir s’adapter, mais il faut aussi être patient et savoir gagner la confiance des gens.

Christian Culas travaille maintenant sur deux projets, l’un sur les fruits tempérés au Vietnam et l’autre sur les relations entre les paysans et les ressources naturelles dans les aires protégées. Son conseil pour les jeunes qui aimeraient se lancer ? Soyez ouverts, et ne vous arrêtez pas à la première difficulté venue !

Elodie Marchesiello et Michelle Lemire

2 comments for “Rencontre avec l’anthropologue Christian Culas

  1. Clarisse
    2 mai 2017 at 11:06

    Très bel article

  2. Philippe Nory
    5 mai 2017 at 01:44

    Eveiller la curiosité intellectuelle d’un enfant qui grandira en ouvrant les yeux sur le monde.Il y a tant de choses à découvrir dans tous les domaines,la science,la littérature…cette ouverture du monde est aussi favorisée par des voyages,des échanges culturelles…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *