Willie Smits : un combat pour notre futur

Le Dr Willie Smits entouré par les élèves du groupe ‘Ecologie & Territoires’ de Seconde

Le Dr Willie Smits entouré par les élèves du groupe ‘Ecologie & Territoires’ de Seconde

Quand on le voit arriver, on ne dirait pas que cet homme a traversé tant de choses. Ce personnage au sourire aimable nous dit joyeusement que la meilleure chose qui lui soit arrivé récemment, c’est de se marier il y a quelques semaines avec la femme qui se tient à ses côtés… mais s’il est venu nous voir, c’est pour parler d’autres choses : il se bat depuis de longues années pour un futur meilleur.

Le Dr Willie Smits travaille depuis 30 ans avec le gouvernement indonésien, son gouvernement désormais puisqu’il a obtenu la nationalité indonésienne pour pouvoir améliorer les lois liées à l’écologie (il est originaire des Pays-Bas). Il a déjà mis en place 118 projets pour aider la biodiversité indonésienne. Ce pays d’Asie du Sud-Est est fortement touché par de nombreux problèmes, récemment par exemple par des fumées noires causées par les nombreuses forêts brûlées. Ces dernières sont ainsi maltraitées pour planter des palmiers à huile, une importante source de richesse dans ce pays en développement. Cependant ces pratiques nuisent énormément à la faune et à la flore indonésienne.

A-t-il toujours souhaité se battre pour l’environnement ?

Cette question le fait sourire car, à notre grand étonnement, il voulait plutôt devenir vétérinaire. Or à 18 ans, dans son pays d’origine, il a intégré, sans motivation, une école environnementale. Cela l’a conduit à étudier les forêts et à initier un projet novateur sur l’interaction entre des champignons et des racines d’arbres. Néanmoins, il ne pensa pas tout de suite à l’Indonésie. C’est la rencontre d’un envoyé du gouvernement indonésien qui lui a permis de lancer sa découverte. Il arrive donc dans ce pays au milieu des années 1980 avec la soif de mettre en place un projet de sauvegarde. Il lance peu après Masarang.

Pourquoi Masarang ?

Ce choix vient de la montagne Mandalou où se trouve une colline, Masarang. Sur cette dernière, on trouve un village qui était en cruel manque d’eau. L’association vient alors planter des arbres. C’est ainsi que peu après, pendant une cruelle sécheresse, ce village a reçu de l’eau grâce à l’écosystème engendré par les arbres. La nature a sauvé les hommes… C’est une des premières grandes réussites de l’association, pour faire comprendre aux populations qu’il faut vivre avec l’écosystème local et non pas le détruire pour importer des éléments dont personne ne peut maîtriser les conséquences.

Comment l’ONG Masarang fonctionne-t-elle ?

Tout d’abord, Willie Smits nous indique que les premiers à avoir financé les projets de l’organisation étaient des enfants de notre âge et plus petit encore. Maintenant, les organisations privées détiennent une plus grande part dans les donations. Masarang lutte contre la production d’huile de palme. Par exemple, 60% de l’huile de palme de Hong Kong vient d’Indonésie, c’est pourquoi l’association veut être plus visible sur ce territoire pour sensibiliser les consommateurs. La production intensive de cette huile entraîne une importante perte de forêt et donc d’habitat pour les animaux, et c’est pourquoi Masarang essaye de développer des produits et des métiers sans impacts environnementaux. De plus, Wille Smits a prouvé scientifiquement que les plantations d’huile de palme ne peuvent pas être durables dans le temps. Elles apportent de l’argent à court terme seulement… Il ne sera bientôt plus possible d’utiliser les terres ravagées par les pesticides avec une économie basée sur le pétrole et des énergies non renouvelables.

L’un des solutions de Willie Smits : le palmier à sucre

Cet arbre déjà présent dans les forêts vierges d’Indonésie et utilise de l’eau, du dioxyde de carbone et du soleil pour produire du sucre et de l’oxygène, en pratiquant le métabolisme de la photosynthèse. Cette solution est valable à long terme car cet arbre permet de produire une matière biodégradable qui remplacerait le plastique naturel, mais aussi du sucre de très bonne qualité. On observe qu’un hectare de ces arbres disséminés dans la forêt, permet de faire vivre un village pendant sept mois et permet ainsi une sécurité alimentaire de ses habitants. Willie Smits apprend aux villageois autour de Masarang à utiliser ces ressources sans abîmer l’environnement. Ils produisent même leur propre énergie avec du biogaz. L’association développe également ses activités avec la mise en place d’un système d’apprentissage (écoles locales) dans les villages mais aussi un partenariat avec l’entreprise française Total pour la production de carburant avec ce produit naturel. Ce projet ambitieux porté par un homme et supporté par toute une communauté aujourd’hui répond fidèlement aux besoins de notre écosystème : aider l’homme, aider la forêt, aider les animaux.

L’aboutissement d’un projet sur l’année

Du 5 au 11 juin, nous, les 19 élèves de l’enseignement d’exploration ‘Ecologie & Territoires’ nous nous rendrons sur place pour participer aux travaux de l’ONG. Fabrication du sucre de palme, participation à la vie du sanctuaire (Masarang recueille notamment des orang-outang blessés), nettoyage de plage, soin dans une nurserie de tortues et bien d’autres choses encore sont au programme ! Depuis le début de l’année, nous nous préparons à ce voyage, en essayant notamment de sensibiliser nos camarades aux méfaits de l’huile de palme, malheureusement présente dans de nombreux produits de l’agriculture productiviste. Nous avons notamment préparé et vendu notre propre pâte à tartiner, pour montrer que l’on peut se passer de certains produits pas toujours bons pour la santé et surtout destructeurs pour l’environnement… tout en prenant plaisir à cuisiner et à faire nous-mêmes nos produits !

Pour en savoir plus sur l’ONG Masarang ; et à ne pas manquer, la ‘TED talk’ de Willie Smits.

Ninon GAUTHIER, 2nde

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