Dissection d’un brouhaha hanoïen…et comment l’éviter

Hanoi. 17 heures. L’heure de pointe. Les véhicules affluent dans la capitale. La tension sonore atteint son apogée dans Tran Huy Lieu, petite rue du quartier de Ba Dinh. Incision de cette trame sonore afin de prélever les différents composants du bruit hanoien.

Minute par minute, nos oreilles semblent se détériorer. Les bruits incessants, les klaxons intempestifs, les pots d’échappement des motos qui démarrent, le tintement de cuillères contre les verres, les conversations amicales aux terrasses des cafés, voix constantes… Un brouhaha se forme, un nuage sonore plane autour de notre tête. Impossible à éclater, impossible à percer, il flotte  au-dessus du lac et des allées de la rue Tran Huy Lieu. Axe de circulation entre écoles, hôtel, cafés et parc, elle s’étend jusqu’à la rue Giang Vo, une des rues les plus connues de Hanoi. Des gorgées de jus de mangue aux bruits des cliquetis des voitures, un immense panel de sons. Impossible de caractériser  la rue par un seul ton. Les échos qui retentissent peuvent provenir de n’importe où. Un petit oiseau qui vient de poser son nid dans un arbre ombrageant la rue, la ventilation du grand Hanoi Hôtel qui s’impose au-dessus des gargotes, une moto qui se gare le long du trottoir pour que son conducteur puisse rejoindre ses amis, en pleine conversation à la terrasse d’un petit salon de thé.

[Cliquez sur les vignettes pour accéder aux échantillons sonores]






Se promener dans Tran Huy Lieu c’est aussi : errer dans les petites allées au son des clics de souris des cyber-cafés voisins, faire le tour du lac en se concentrant sur le clapotement de l’eau contre les rives pentues et rocheuses ou flâner sur les trottoirs en sirotant un tra sua, thé au lait agrémenté de boules de tapioca, s’aventurer dans de nouvelles ruelles pour découvrir une petite crèche typiquement vietnamienne et enfin se perdre dans le dédale des rues et se laisser guider par les sons.

 

Et ainsi…

L’enchevêtrement des allées, l’endroit le plus calme de la rue. Si l’on souhaite souffler un petit peu, se détacher du nuage sonore qui ondoie dans la rue centrale, un petit café du labyrinthe que sont les allées devient un refuge possible. Lors d’une ballade près des fenêtres, on entend parfois le pâle murmure des télévisions – rarement des voix. Les allées vietnamiennes, comparées à la route chaotique, modélisent la tranquillité.

Le lac apaise les riverains. Sur la rue principale, l’influence du vacarme indubitable. Bien sûr, l’axe principal de la rue représente l’endroit le plus sonore : l’axe de circulation, l’axe sur lequel motos, voiture, bus et camions passent. Ici, tous les endroits sociaux et commerciaux se concentrent, tous les gens se retrouvent pour converser, s’agiter, manger.

Il faut donc échapper à la grande circulation et l’espace public mais aussi à l’agitation de la foule et aller se réfugier dans les petits boui-bouis pour éviter le bruit, où la culture du café, que l’on boit avec amis, est sacrée.

Martin Boulo, Nguyen Ngoc Linh et Dinh Khuong Duy (2nde A)

Photographies et enregistrements : Martin Boulo

1 comment for “Dissection d’un brouhaha hanoïen…et comment l’éviter

  1. Mai Chi Dang
    23 novembre 2016 at 15:14

    très bon article, très intéressant et ludique !

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