Syngman Rhee, président controversé

Syngman Rhee, président de la Corée du Sud de 1948 à 1960

Syngman Rhee

Syngman Rhee était le chef du gouvernement coréen en exil en 1919, puis à la libération de la Corée, il a été élu comme premier président de la Corée du Sud en 1948. Il participa à la guerre des deux Corées et sortant vainqueur à l’aide des forces de l’ONU et des États Unis, il continua à diriger la Corée du Sud. Pour maintenir son pouvoir, il prit des mesures autoritaires qui entraînèrent de violentes manifestations l’obligeant à démissionner en 1960. Le gouvernement démocratique affaibli qui suivit fut renversé par un coup d’état portant le dictateur Park Chung-hee, père de l’actuelle présidente, au pouvoir pour 17 années.

Jeunesse et assimilation pour l’indépendance de la Corée

Syngman Rhee est né le 26 mars 1875 dans le nord de la Corée. Certains prétendent qu’il est le descendant de la famille royale Li. Rebelle féroce dès sa jeunesse, Rhee a participé à des activités indépendantistes contre la royauté impériale coréenne sous l’influence du Japon et fut capturé et torturé. Lors des conflits Russo-japonais en 1904, Rhee s’échappe de prison et s’enfuit aux États Unis où il étudie jusqu’à l’obtention d’un master à Harvard et un doctorat de philosphie à Princeton.

Septembre 1905, Rhee rencontre le président Theodore Roosevelt

Septembre 1905, Rhee rencontre le président Theodore Roosevelt

Après quoi, il retourne en Corée et devient missionnaire à YMCA à Séoul mais pas pour longtemps, car il fut arrêté pour avoir tenté d’assassiner le gouverneur japonais de la Corée. Il s’échappa et partit vers les Étas Unis une seconde fois ; de là, il fit son possible pour soutenir l’indépendance de la Corée.

Il devint président du gouvernement provisoire de la Corée à Shanghai et mena encore d’autres actions en persuadant les Américains de l’assister dans sa mission d’indépendance. Suite à la capitulation de l’empire Japonais après la catastrophe d’Hiroshima et de Nagasaki, Rhee présida la Corée et, profitant de sa montée en puissance, mena une politique contre les communistes qui menaçaient sa vision de la Corée…

Idéologie, guerre et fin de vie.

Un livre écrit et publié par Rhee pour critiquer le gouvernement Japonais

Un livre écrit et publié par Rhee pour critiquer le gouvernement Japonais

Profitant de son pouvoir, notamment son mandat présidentiel, Syngman Rhee, après la défaite du Japon, a fortement influencé la politique coréenne de son point de vue idéologique : une Corée indépendante, unie et non communiste. Il érigea des lois qui réduisirent fortement l’opposition des partis nationalistes et communistes en éliminant tout simplement ses opposants.

Massacre de Jeju

Massacre de Jeju

Les tensions qui existaient en Corée entre le gouvernement de Rhee et les rebelles communistes enclenchèrent des massacres de grande envergure, notamment à Jeju où l’on dénombra près de 15 000 victimes.

Ces actes amenèrent inévitablement à la confrontation des deux partis : nationalistes et communistes dans la guerre de Corée. Au début du conflit, les Nord-Coréens connurent des victoires suivies poussant Rhee à s’enfuir jusqu’à Busan, et à détruire sur son passage ponts et voies pour empêcher les civils de s’enfuir et les envahisseurs de le rattraper. De Busan, il fit construire une ligne de défense pour mieux se défendre des attaques nord-coréennes en attendant l’aide militaire des Américains et de l’ONU.

Syngman Rhee et Douglas Mac Arthur

Syngman Rhee et Douglas Mac Arthur

Une fois les Nord-Coréens repoussés au-delà de la frontière sud-nord et le cessez le feu signé, Syngman Rhee reprit les rênes du pouvoir suite à une réélection, malgré le mécontentement de l’assemblée nationale coréenne.
Rhee eut du mal à reconstruire la Corée après la guerre malgré l’aide financière des États Unis, pourtant il ne lâcha pas le pouvoir. Avant la fin de son troisième et supposément dernier mandat, il changea la constitution pour lui permettre d’exercer indéfiniment la fonction de président. Ce n’est qu’après son quatrième mandat contesté, lorsque les forces de sécurité ayant usé de gaz lacrymogènes contre des manifestants et tué accidentellement un étudiant, que Rhee fut contraint de résigner ses fonctions politiques et s’exiler avec sa femme à Hawaï où il mourra d’un accident vasculaire cérébral le 19 juillet 1965, à l’âge de 90 ans.

Aujourd’hui encore l’opinion du peuple vis-à-vis de Syngman Rhee est partagée même si il est perçu plus négativement que positivement. En effet, certains le considèrent comme un vrai patriote, un homme qui a permis le développement de certains secteurs tels l’agriculture, un homme indispensable à cette époque dont les objectifs justifiaient les moyens. Cependant beaucoup ne lui pardonnent pas ses actions perfides et cruelles contre le peuple coréen sous son gouvernement autoritaire et dictatorial. On condamne aussi son recours à la milice collaboratrice sous l’occupation japonaise comme force de police répressive ainsi que d’autres actions ou méthodes criminelles telles que le génocide de Jeju, la violation des lois dans son intérêt personnel, etc.

6) Une statue de Rhee erigee en 2011 en son honneur

Une statue de Rhee érigee en 2011 en son honneur

Une statue a été érigée en 2011 en son honneur à Séoul, celle-ci ne fait pas l’unanimité.

Pourtant, aujourd’hui encore, la politique coréenne s’inscrit dans la ligne de l’ancien gouvernement de Rhee, en ce qu’elle a jusqu’à maintenant toujours été très à droite, à l’exception des deux gouvernements de gauche. Peut-être faut-il encore attendre pour que son rôle dans l’histoire soit perçue de manière plus objective au sein du peuple coréen.

Raphaël Shin Tle ES, Clara Chevalier Tle L

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *