Le communisme en Corée

Un defile militaire en Coree du Nord2015. Il ne serait pas étonnant que vous soyez déjà tombé sur des images de ces immenses parades militaires Nord-Coréennes où des milliers de soldats du régime communiste défilent parfaitement en ligne, tels des robots. Tout cela devant des centaines de milliers de personnes arborant des fleurs représentant le drapeau national sur leurs habits. Un pays ou le temps semble s’être arrêté aux années 50, un pays où communisme et totalitarisme sont devenus synonymes. Plongée dans le communisme coréen, d’hier et d’aujourd’hui.

La résistance coréenne face aux Japonais

Le premier groupe communiste en Corée, le parti social de Joseon a été créé en août 1917 à Shanghai. Le but de cette organisation était de participer à la conférence internationale des socialistes qui a lieu en Stockholm, capitale de la Suède pour demander de l’aide aux autres partis socialistes/communistes du monde ainsi que trouver des solutions pour que la Corée puisse devenir indépendante, donc contrer l’occupation japonaise dans le pays. Ces groupes socialistes possédaient des branches militaires composées d’anciens soldats de l’armée de la dynastie de Joseon et des militants communistes qui se nommaient « « Armée coréenne de l’indépendance ». Cette armée a participé à plusieurs offensives aux cotés de l’armée rouge contre l’armée blanche dans les territoires russes et contre l’armée japonaise sur le territoire coréen… En 1921 le nom du parti a été modifié pour devenir le «Parti communiste de Koryo », Lee Dong Dhi, un membre du parti a été élu comme le premier ministre du gouvernement provisoire de la république de Corée. Au début, les membres du parti ont cru qu’une révolution socialiste était nécessaire pour sortir de la colonisation japonaise.

Scène de joie pour l’indépendance de la Corée

Scène de joie pour l’indépendance de la Corée

A partir de 1923 les communistes et les conservateurs ont créé  différentes branches du parti communiste, la branche de Séoul plutôt conservatrice ainsi que la branche Hwayo composée de communistes. Ces deux branches seront divisées par leurs différentes idéologies quelques temps plus tard. Toujours en 1923, la branche de Séoul du parti communiste de Joseon n’a pas suivie l’ordre du parti qui était de créer un état avec une seule partie de la Corée, le pouvoir a donc été centralisé autour de la branche Hwayo.

La naissance du communisme en Corée

Officiellement le parti communiste coréen a été créé en avril 1925 à Séoul.

Depuis la colonisation japonaise en 1910 des milliers de Coréens ont décidé de partir pour la Russie ou en Chine dont certains hommes politiques. Ils y ont fondé des organisations coréennes de divers genres en soutenant le mouvement anti-japonais de Corée.

Influencé directement par la révolution russe en 1917, des militants nationalistes ont réussi le « mouvement 3 .1 » le premier mars 1919 avec la mobilisation de plus d’un million de Coréens contre l’occupation coloniale. Cela représente le plus grand mouvement de masse dans l’histoire de la Corée. Les communistes coréens étaient au début des nationalistes avancés dans le front anti-japonaise.

En janvier 1918 a été créé le « comité coréen » sous la fédération d’Irkoutsk du parti communiste de l’Union soviétique. C’est la fraction d’Irkoutsk qui formera la première organisation communiste coréenne. Durant la guerre civile russe 1917-1921, ces membres ont combattu dans l’armée rouge. Le 15 mai 1921 ils ont créé le parti communiste coréen à Irkoutsk .

Quelques jours plus tard le 23 mai à Shanghai un autre parti communiste coréen a été crée par les socialistes coréens. C’est la fraction de Shanghai.

On dit souvent qu’ils étaient très conflictuels l’un sur l’autre sur le plan politique. Pour le parti d’Irkoutsk la question d’indépendance de Corée n’est résolue que par la révolution prolétarienne sans avoir besoin de l’alliance avec des paysans et des intellectuels.

Par contre le parti de Shanghai a insisté sur les 2 étapes de la révolution coréenne : celle de la bourgeoisie et celle du prolétariat.

En décembre 1922 le « korburo »-bureau coréen a été crée sous le « comintern » pour s’occuper de la question coréenne après le conflit physique entre les deux fractions. En août 1923 le korburo a construit la fédération de Corée en envoyant deux membres coréens.

En mai 1924 le comité de construction du parti communiste a été créé en Corée.

Le 17 avril 1925 le parti communiste coréen a été créé sous la reconnaissance de comintern. Ce parti officiel a duré jusqu’à la dissolution par l’autorité japonaise en 1928. Jusqu’à la Libération de Corée en 1945 les communistes coréens continuaient des activités clandestines sans avoir de parti. C’est donc le début du communisme avant la séparation de Corée en 1945.

Le communisme nord-coréen aujourd’hui, l’idéologie de la Juche

Parti unique, pays refermé sur lui-même, camps de concentration… La Corée du Nord possède toutes les caractéristiques d’un état totalitaire, en contradiction totale avec l’idée que l’on se fait du communisme dans nos sociétés occidentales.

Apparition de la Juche

La régime nord-coréen a développé l’idéologie de la Juche dès l’arrivée de Kim-Il-Sung (« président éternel » dans la constitution), ce terme : « Juche » a été prononcée la première fois en 1955 lors d’un congrès du parti des travailleurs dans un discours s’intitulant : « De l’établissement de l’autosuffisance et de l’éradication du dogmatisme et du formalisme dans les projets idéologiques ». C’est en 1970 que la « Juche » est devenue l’idéologie officielle du pays, inscrite dans les statuts du parti.

La Juche : vouée à l’échec ?

Selon le site officiel nord-coréen « Naenara », l’idéologie de la Juche se résume à la phrase suivante : « le peuple est le maître de la révolution et du développement du pays et a les capacités à les promouvoir. » ainsi qu’a l’autosuffisance militaire et alimentaire, il s’agît en quelques sorte d’un marxisme d’un niveau supérieur qui a pour but de donner au pays une puissance incontestée. Mais la Corée du Nord est bien loin de cet idéal : elle dépend encore beaucoup de la Corée du Sud et d’ONG pour satisfaire ses besoins en denrées alimentaires et surtout pour la santé de ses habitants. Bien qu’elle ait le taux de soldats le plus élevé de la planète tout comme les plus grandes dépenses par rapport au PIB pour l’armée, la Corée du Nord est une puissance militaire relative ne disposant pas d’assez de moyens techniques et financiers pour contrer des grandes puissances tel que son voisin sud-coréen que son ennemi de toujours les Etats-Unis.

Un fonctionnement totalitaire

Les deux Coree aujourd'huiIl n’y a qu’un dieu en Corée du Nord : c’est le dirigeant (et les anciens), en effet le régime mobilise un impressionnant culte de la personnalité autour du « Grand leader » comparable à celui du régime Stalinien. Grand leader qui n’est pas élu démocratiquement (Le nom officiel du pays est pourtant : « République populaire démocratique de Corée ») mais c’est à chaque fois les membres d’une même famille qui se succèdent faisant de la Corée un régime dynastique encore ici totalement contraire à la logique du communisme dans les autres pays. La Corée du Nord est un pays où les opposants politiques sont pour la plupart emprisonnés et torturés dans des camps, la plupart y trouvent la mort, un pays où la liberté d’expression, de religion, d’association et de circulation… en bref la Corée du Nord est loin d’être un paradis communiste bien que c’est ce qu’elle essaye de montrer à travers une propagande très développée.

Yongseok Cho, Tae-kwan Kim, Alexandre Montini – Terminale ES

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *