Rencontre avec un rescapé de la bombe atomique

En octobre 2014, les classes de collège et de lycée du LFK sont allées deux jours en voyage d’étude à Hiroshima. Point fort de notre séjour : nous avons rencontré un survivant de l’explosion atomique de 1945. Intense !

Etape 1 : Le trajet en bus

Nous sommes partis de l’école vers 7 heures du matin. Nous avions en tête la préparation que nous avions faite en classe sur l’histoire d’Hiroshima et de la bombe atomique. On a joué aux cartes et certains ont dormi pendant les six heures de trajet. Nous avons fait une première pause dans une station d’autoroute où nous avons pu acheter quelques friandises puis plus tard, nous nous sommes arrêtés pour pique-niquer. Nous nous sommes ensuite rendus sur l’île de Miyajima située dans la mer intérieure du Japon.

Etape 2 : Les promenades sur Miyajima

 L’île de Miyajima

L’île de Miyajima

L’île de Miyajima se situe juste en face d’Hiroshima. Il y avait des daims et biches en liberté qui nous laissaient les caresser. Ils sont habitués aux touristes : ils ont même voulu manger nos papiers ! Nous étions hébergés dans les bâtiments appartenant à une université de la région. Après notre arrivée, nous avons pu rejoindre nos chambres. Le soir, on a pris notre repas, sous forme de bento (une boite compartimentée contenant différents aliments). Jusqu’à minuit, on a fait plein de jeux de sociétés, dont un jeu collectif, le loup garou. L’ambiance était superbe mais ensuite nous avons dû nous coucher car il se faisait tard…

Etape 3 : le sanctuaire d’Itsukushima

Le sanctuaire d’Itsukushima est un temple shinto qui a été construit sur l’eau à l’époque d’Heian, il y a plus de 1 000 ans. Le sanctuaire est l’un des lieux touristiques les plus visités du Japon. D’ailleurs, il fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. La structure du temple est majoritairement composée de bois peint de vermillon. Il est très populaire grâce à son fameux Torii sur l’eau (大鳥居).

Selon la croyance shintoïste, c’est une sorte de portail entre le monde matériel où nous vivons et le monde spirituel. Durant le Moyen âge, les personnes voulant aller sur l’île de Miyajima, ou accéder au temple, devaient passer sous le torii. Miyajima a été longtemps considérée comme une île sacrée, un monde à part, où il était interdit de naître, de mourir, où même de couper la végétation. Le torii est accessible à pied durant la marée basse mais à marée haute, il a les pieds dans l’eau.

Etape 4 : la visite du musée de la paix

Musée de la paix

Musée de la paix

Le lendemain, nous avons pris le bus jusqu’au centre ville d’Hiroshima pour visiter le musée de la paix. C’était très choquant et à la fois intéressant. Nous avons étudié l’histoire d’Hiroshima. Il y avait des vraies photos de rescapés de la bombe, ainsi que des morceaux de peau, de certains organes ou de cheveux de personnes décédées lors de l’explosion. Il y avait aussi des objets de la vie quotidienne, telle qu’une montre arrêtée au moment de la bombe, c’est-à-dire à 8h15. Nous avons vu des statuettes représentant des enfants victimes de l’explosion : leur peau était en lambeaux, les bras tendus en avant, pour éviter le contact brûlant de leur peau sur eux-mêmes. Ensuite, nous avons vu une reproduction de la bombe en grandeur nature.

Une reproduction de la bombe atomique d’Hiroshima

Une reproduction de la bombe atomique d’Hiroshima

Vers la fin du parcours, il y avait des vidéos où les Hibakusha (survivants de la bombe) parlaient de leurs expériences. Une fois dehors, depuis le musée de la paix nous avons vu le dôme au loin. C’était une expérience saisissante.

Etape 5 La promenade sur l’esplanade et le dôme

Après avoir visité le musée, nous avons fait une superbe promenade dans le parc de la paix. Entre les parterres de fleurs et les fontaines, il y a aussi la flamme de la paix. Nous nous sommes assis ensuite pour manger un bento (nous l’avions acheté chez “Family Mart”, un convenient store). Après avoir dégusté notre délicieux bento, nous avons rencontré des enfants d’une école japonaise. Ils nous ont demandé de répondre à des questions en anglais. Puis, nous nous sommes avancés vers le dôme.

C’est un bâtiment de béton qui a résisté à l’explosion de la bombe d’Hiroshima le 6 août 1945 à 130 mètres du bâtiment. Il est délabré et sa structure ressemble à celle d’un squelette. Avant la bombe, le dôme était un bâtiment pour les entreprises et les bureaux de la préfecture. Maintenant le dôme fait partie du patrimoine de mondial l’UNESCO. Il est considéré comme un symbole de la paix, contre les bombes nucléaires et les guerres.

Etape 7 Le monument pour Sadako.

L’accrochage des guirlandes de grues en papier, symbole de la paix

L’accrochage des guirlandes de grues en papier, symbole de la paix

Après le dôme, nous sommes allés au monument de Sadako. Sadako Sasaki est morte à cause d’une leucémie due à la bombe atomique d’Hiroshima. Avant sa mort, elle a fait des grues en origami. Depuis la grue est devenue un symbole de la paix contre les armes nucléaires. En mémoire de Sadako, mais aussi de toutes les victimes de la bombe, les gens et les écoles peuvent accrocher autant de grues qu’ils le souhaitent. Il y avait des centaines de guirlandes composées chacune de 1 000 grues en origami, c’est-à-dire en papier plié. Nous aussi, nous avons eu l’occasion d’accrocher nos propres grues! C’était magnifique. On en a à peu près accroché 1 000, qu’on avait faites avant notre départ.

Etape 8 La rencontre avec le survivant de la bombe (Hibakusha)

M. Hosokawa

M. Hosokawa

En début d’après-midi, nous avons rencontré M. Hosokawa, un survivant de la bombe atomique. Il nous a raconté ce qui s’était passé le 6 août 1945.

Ce jour là, Il perd sa petite sœur qui a 10 ans. M. Hosokawa fait défiler ses photos sur l’écran. Elle était très coquette et aimait beaucoup les chapeaux. Dans son carnet intime, qui est maintenant publié dans les manuels d’histoire, elle avait écrit la veille : « Aujourd’hui j’ai perdu mon chapeau. C’est dommage, pourvu que je le retrouve. » Mais son vœu ne se réalisera pas car la bombe explose en ce matin du 6 août…

Ce jour là, M. Hosokawa travaillait à son bureau comme d’habitude. Sa place était au fond de la salle car les jeunes employés devaient laisser les meilleures places, celles près des fenêtres, à leurs supérieurs hiérarchiques.

M. Hosokawa et les élèves du LFK

M. Hosokawa et les élèves du LFK

FLASH! Quand la bombe tombe sur la ville, tout ses supérieurs hiérarchiques, assis à la fenêtre eurent de terribles brûlures à cause du dégagement énorme de chaleur, accompagné d’une lumière intense. Lui, étant au fond de la pièce, l’échappa belle. Il entendit ensuite un bruit très fort et s’enfuit du bâtiment. Personne ne savait ce qu’il se passait. L’escalier à la sortie du bureau était maculé de sang et le paysage avait complètement changé. M. Hosokawa marcha vers la rivière où il rencontra deux collégiens qui lui demandèrent de l’eau. Il refusa car il avait entendu dire que l’eau aggravait les blessures des grands brûlés. Il se réfugia le plus loin possible de l’explosion et il survécut.

Aujourd’hui encore, il vit, en pleine forme malgré son âge avancé. Un véritable miracle. Il donne des conférences pour entretenir la mémoire de ce qui s’est passé, ici à Hiroshima, il y a… 70 ans.

Cette rencontre fut très intense. Nous avons tous admiré le courage de cet homme face à l’adversité, sa sérénité, son message humaniste et l’amour qu’il a de la vie. C’est une belle leçon pour nous tous.

Par les élèves de 4° du LFK : ETO Kisa, GUILLON Fanny, JOUANET Nora, PARENT Yukimi, REGINA Killua, ROUAUD Ken, SZIGETI Nina

1 comment for “Rencontre avec un rescapé de la bombe atomique

  1. Segolene
    31 mars 2015 at 12:59

    Bravo ! Belle expérience et beau récit !

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