Imprimantes 3D : une solution pour le Japon ?

«Les imprimantes 3D ont le potentiel de révolutionner la façon dont nous fabriquons presque tout». Cette phrase, extrait du discours de Barack Obama à l’Etat des Unions en mai 2013, illustre le regard et l’importance adressés à cette innovation révolutionnaire. Cette préoccupation politique n’est pas un hasard ; l’imprimante 3D peut potentiellement révolutionner le système productif tel qu’on la conçu, notamment le système productif japonais, causant bien entendu des impacts sur son économie.

Concrètement, qu’est ce qu’une imprimante 3D ?

Photographie d’une imprimante 3D au salon TED à Tokyo

Photographie d’une imprimante 3D au salon TED à Tokyo

Une imprimante tridimensionnelle est une machine permettant d’imprimer des objets en trois dimensions. A la différence de l’imprimante classique qui a seulement recours à de simples feuilles, celle-ci fabrique des objets diverses et variés à partir d’une large sélection de matières premières (plastique, métal, …). Le fabricateur en question va modéliser son objet à l’aide d’un logiciel informatique. Ce «dessin» informatique, transmis à l’appareil, va être imprimé sous forme de fines couches superposées correspondant chacune à un fragment de l’objet. Ces couches empilées vont créer le volume de l’objet qui sera donc en relief. Cependant, cet outil ne fabrique pas seulement de simples objets. En effet, il peut fabriquer des moteurs d’avion, des bâtiments, et même de la nourriture.

En revanche, cet appareil est bien plus qu’un simple outil de fabrication. Au Japon, cette invention, longtemps réservée aux professionnels, a commencé à devenir accessible aux particuliers. Aujourd’hui, l’impact de cette innovation sur l’économie japonaise est minime car sa diffusion est relativement novatrice. Cependant, avec un marché mondial de l’imprimante 3D en pleine expansion (voir document 2), on suppose que l’effet d’un tel produit sur le système économique japonais pourrait être considérable.

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L’économie japonaise a toujours été réputée pour son désir d’innover. En effet, le Japon a toujours été connu pour ses inventions technologiques, que ce soit au niveau commercial ou industriel, notamment dans le domaine de la robotique. On constate donc que le Japon a su prendre une certaine avance sur ses concurrents quant à l’application économique de l’imprimante 3D. En effet, le marché japonais de l’imprimante 3D est le deuxième plus grand marché d’imprimantes 3D au monde, en occupant 9,7 % des parts de marché mondiales, comme nous le montre le document suivant.

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vec cette avance sur le reste du monde, le Japon pourrait profiter d’une telle innovation pour potentiellement retrouver sa domination économique du passé. Premièrement, on peut bien entendu affirmer que les coûts de main d’œuvre de l’utilisation d’une imprimante 3D sont minimisés. En effet, la production tridimensionnelle est totalement automatisée et nécessite donc une main d’œuvre presque inexistante. Or, de nombreuses entreprises basées dans des pays développés délocalisent leurs usines en raison du coût de la main d’oeuvre trop élevée. Une diffusion massive de cet outil dans les entreprises japonaises entraînerait donc une chute du nombre de délocalisations, accentuant donc la croissance du PIB du pays du soleil levant (avec une production re-localisée au sein du pays).

Finalement, cette production re-localisée entraînerait donc une diminution du nombre d’importations, favorisant bien entendu la puissance économique japonaise qui souffre d’un déficit commercial inquiétant, avec un déficit de 10 477 milliards de Yen, soit 77 milliards d’euros en 2013.

Outre le fait de potentiellement rétablir la puissance économique japonaise, la diffusion de cet outil au sein d’un pays réduira les inégalités entre les firmes transnationales et petites entreprises japonaises (Kabushiki Kaishya). En effet, au Japon, les Kabushiki Kaishya sous-traitent souvent les produits des grandes entreprises, adoptant donc un rôle qui les empêche d’accéder directement au marché. En produisant avec des imprimantes 3D, les Kabushiki Kaishya pourraient, en principe, produire leurs propres produits sans dépendre des grands groupes. Avec cette prise d’indépendance de la part des petites entreprises, la répartition des richesses pourrait idéalement être plus égalitaire et donc proposer une meilleure cohésion économique.

Au delà du simple rapport entre les petites et grandes entreprises, l’imprimante 3D pourrait offrir à certains entrepreneurs individuels japonais une opportunité d’innover qu’ils n’avaient pas auparavant, en proposant leurs innovations sur le marché en toute liberté. De plus, l’utilisation d’un tel produit pourrait même entraîner une libéralisation de la créativité et des apports de projets innovateurs, qui, aujourd’hui au Japon ne voient pas toujours le jour en raison d’un système bureaucratique rigide parfois défavorable aux nouvelles idées.

En somme, l’application économique de l’imprimante tridimensionnelle pourrait fortement modifier le système économique japonais. Si cet outil devient un élément indispensable de la production des entreprises japonaises, les impacts sur l’économie nippone seront considérables. Une chose est sûre : l’imprimante 3D pourrait potentiellement être une clé vers la porte du redressement économique japonais, ou peut être même vers la porte du retour d’une domination perdue au fil des années.

Nicolas Trausch, 1ère ES

Source documents : http://www.journaldunet.com/economie/industrie/marche-de-l-impression-3d-selon-xerfi.shtml

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