La présence japonaise en Corée autour de la Première Guerre mondiale

1911. Un décret impérial (Rescrit) sur l’éducation fut promulgué en Corée sur l’éducation, très similaire à celui de Taiwan, alors territoire japonais. Il était destiné à «faire des Coréens un peuple fidèle». Les articles 2 et 5 se lisent comme suit:

Article 2 – Les activités pédagogiques doivent être basées sur la pensée fondamentale du Rescrit impérial concernant l’éducation, et éduquer les Coréens à devenir de pieux sujets de l’Empire.

Article 5 – L’éducation normale doit viser comme objectif, de dispenser aux enfants des connaissances et des habiletés normales, et de leur inculquer les caractéristiques de la citoyenneté japonaise et la diffusion de la langue nationale.

Cette mise au pas du nouveau territoire japonais et de ses habitants est le cheminement d’un processus qui commence à la fin du XIXème siècle. Pendant toute la première moitié du XXème siècle, la Corée vit sous le joug japonais et sert de réservoir au gouvernement de l’archipel.

La Corée a vécu une grande partie du vingtième siècle sous l’occupation japonaise de1910 a 1945. A la veille de la  Première Guerre Mondiale (1914-18), les Coréens voient leur identité bousculé et dénigrée et s’avèrent dans l’impossibilité de résister.

Une vague sans commune mesure dans l’histoire déferle sur la péninsule.

Terauchi Masatake (publié par東京合資會社冨山房 (The Fuzanbo Publishing Co. Tokyo,Japan) - "The Japanese book "帝國画報" (The Imperial Pictorial) vol.2)

Terauchi Masatake (publié par東京合資會社冨山房 (The Fuzanbo Publishing Co. Tokyo,Japan) – « The Japanese book « 帝國画報 » (The Imperial Pictorial) vol.2)

La colonisation de la Corée par le Japon a commencé en 1905 par l’établissement d’un protectorat, suite au traité de Portsmouth, qui termina la guerre russo-japonaise le 5 Septembre 1905. Et cinq ans plus tard, le 22 aout 1910, la Corée est annexée par l’empire du soleil levant.

D’abord, en Mai 1910, le ministère de la guerre du Japon, Terauchi Masatake, avait eu pour  mission de finaliser la présence japonaise en Corée.

Terauchi Masatake devait signer un traité avec le roi de Corée, mais comme celui-ci refusa, ce fut fait par le premier ministre de Corée, Lee Wan-Yong. Masatake  devint le Gouverneur général Japonais de Corée. Ainsi, ce traité peut être considéré comme un traité “invalide”.

Voici deux exemples d’articles, en français, traduit de l’anglais, qui nous montre ce a quoi l’Empereur Sunjong “devait être d’accord à céder aux Japonais” .

Article 1 – Sa Majesté l’Empereur de Corée concède complètement et définitivement toute sa souveraineté sur l’ensemble du territoire coréen à Sa Majesté l’Empereur du Japon.

Article 2 – Sa Majesté l’Empereur du Japon accepte la concession indiqué dans l’article précédent et consent à l’annexion de la Corée à l’Empire du Japon.

Les Japonais profitaient de la vulnérabilité des Coréens en leur imposant des conditions de vie très défavorables.

Des lois ont été mises au point pour faciliter cette domination en permettant aux Japonais de mettre en œuvre des stratégies qui leur serviront à limiter l’accessibilité des Coréens à certains droits et privilèges .

Cependant, ce conflit entre le Japon et la Corée n’a pas eu que des répercussions négatives d’autant plus que même jusqu’à présent, un impact pouvant être jugé comme positive est observé en Corée à travers l’héritage qu’a laissé le Japon aux Coréens notamment  la manière dont ils ont modernisé le pays.

En effet, en traversant Séoul, et certains lieux publics en particulier les musées, des hôpitaux, et la banque nationale, on distingue avec facilité cette empreinte japonaise à travers des constructions et une architecture toujours présentes avec des bâtiments tels que l’hôtel de ville, la banque nationale ou l’hôpital nationale de Corée

Grand magasin et théâtre marquent aussi l’espace de Séoul…

Point amusant ? Très souvent cette architecture coloniale japonaise a pour inspiration l’architecture européenne. Une Europe encore au sommet de sa gloire avant la grande tragédie…

L’annexion de la Corée par le Japon mis en place par le nouveau gouvernement a été très impopulaire auprès de larges segments de la population coréenne, et Terauchi a employé la force militaire pour maintenir le contrôle.

Le général Terauchi a utilisé les liens historiques et culturels profonds entre la Corée et le Japon pour justifier le but ultime de l’assimilation complète de la Corée dans le courant japonais. A cette fin, des milliers d’écoles ont été construites dans toute la Corée. Bien que cela a contribué grandement à l’augmentation de l’alphabétisation et le niveau d’éducation, les programmes étaient centrés sur la langue et l’histoire du Japon, avec l’intention de l’assimilation de la population en loyaux sujets de l’empire japonais, en tout cas une certaine mesure, permettant ainsi d’augmenter le poids démographique de l’Empire.

Sous la domination japonaise, la Corée connaît la censure des journaux de presse. Par contre, seul le journal Taehan Maeil Sinbo était autorisé à publier dû faite qu’il était dirigé par Ernest Bethell, un Anglais. Les Coréens n’avait pas le droit de posséder de compagnie ni de publier. De plus, les Japonais s’emparaient des compagnies de presse coréennes.

D’ailleurs, les autorités japonaises imposèrent l’enseignement forcé du kokugo, le japonais devenu langue officielle. Le coréen était formellement interdit.

Cependant les Japonais ont construit des réseaux de transport, comme la gare de Séoul et de communication à l’échelle nationale et ont créé un nouveau système monétaire et financier pour améliorer l’économie locale. Ils ont également encouragé le commerce japonais en Corée en empêchant celui des Coréens. Mais nous pourrions aussi dire que les Coréens sont soumis aux Japonais car ils sont impuissants face à eux.

La gare de Séoul (à Panoramio, photo par surfphoto)

La gare de Séoul (à Panoramio, photo par surfphoto)

Les industries et les technologies se sont développées très rapidement. De plus, les Japonais ont utilisé les technologies modernes pour construire les moyens de transport et les aménagements afin de pouvoir profiter de l’infrastructure telle que les ports, les ponts et les chemins de fer qui déjà, étaient en place en Corée. Parmi eux on retrouve: le navire à vapeur, les trains, les tramways et les voitures, mais aussi dans le domaine des télécommunications, le télégraphe et le téléphone…

Les zones rurales furent également touchées  mais dans un degré moindre, d’autant que les méthodes les plus modernes furent lancées par les propriétaires japonais.

Le colonisateur japonais a créé des écoles pour produire de loyaux sujets à l’empereur. Les Coréens ont gagné en discipline et en connaissance, et ont construit  leur conscience nationale pour poursuivre la libération.

Avant 1900, les voyageurs utilisaient un petit ferry-boat ou des ponts de bateaux. Les passerelles ont été construites uniquement pour la famille royale.

Mais en Juillet 1900, le premier pont de fer, qui fut le premier pont permanent traversant le fleuve Han utilisé par le chemin de fer coréen, reliant Séoul à Incheon, port sur la mer jaune.

Construction aussi du premier pont en 1916, qui permet la circulation routière.

En octobre 1917, ce pont est devenu une attraction locale, avec ses lumières électriques.

Le pont Hangang aujourd'hui (de Panoramio, photo de 小西 天)

Le pont Hangang aujourd’hui (de Panoramio, photo de 小西 天)

Le peuple coréen, submergé par la civilisation moderne et la puissance de l’empire a montré une sorte de schizophrénie. Que faire ? Que penser de cette domination pleine d’ambiguïté et synonyme de modernité ?  La bourgeoisie en Corée s’est rapidement divisée sur l’attitude à avoir à l’égard du colonisateur, résisté et embrassé la cause nationale ou embrassé les bienfaits de la modernité et intégré l’Empire.

Certains trouvent refuge dans cette religion venue d’Occident que constitue le christianisme et symbole de la modernité coréenne.

Le christianisme a donné aux Coréens, l’espoir et la possibilité d’exprimer leur sentiment national…Etrange moyen de résister au puissant voisin japonais.

En 1914, une large partie  de la  population coréenne est devenue chrétienne surtout protestante. À travers l’essor du christianisme, les Coréens ont considéré le modèle américain comme étant la civilisation idéale.

Se présentant comme des libérateurs, mais aussi et surtout protecteurs des Coréens, les Japonais ont rapidement perçu les habitants de la péninsule comme des sujets de seconde classe ou une population inassimilable en dépit des objectifs avancés lors de l’annexion. Travail forcé, déplacements de population, politiques d’assimilation, expropriations…Comme dans beaucoup de colonies européennes, la Corée voit les réalités et mythes coloniaux se télescoper…

On retrouve en Europe durant la première guerre mondiale, ces mêmes problématiques : Comment séduire les populations des territoires occupés tout en exploitant leurs richesses ? Comment dans le cadre de la modernité la nation se construit et où son expansion s’arrête-t-elle ?

Chantia Hygnanga, Connie Shin et Aissatou Ndoye. Classe de Terminale ES et L

Sources :

http://en.wikipedia.org/wiki/Korea_under_Japanese_rule

http://en.wikipedia.org/wiki/Terauchi_Masatake

http://www.psbenlyonnais.fr/la-monarchie-japonaise/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Cor%C3%A9e_durant_la_colonisation_japonaise

http://www.axl.cefan.ulaval.ca/asie/coree-histoire.htm

1 comment for “La présence japonaise en Corée autour de la Première Guerre mondiale

  1. Hausberg Anh Hoa
    11 octobre 2016 at 23:40

    Article bien construit. Merci!

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