Les Cambodgiens à la recherche de l’eau potable

Tous les matins, nous nous levons, prenons notre douche, brossons nos dents et faisons toutes sortes d’activités sans avoir conscience du fait que, pour près de 2,4 milliards de personnes, nos habitudes quotidiennes sont une chance qu’ils rêveraient d’avoir…

Nous pouvons rattacher cette situation avec le Cambodge, un pays de l’Asie du Sud-Est où moins de 25% de la population a accès à l’eau potable. En effet, malgré les stations de purification dans la capitale du pays, des risques s’accumulent lors du passage par les tuyaux d’acheminement à cause de la chaleur et de la porosité. D’ailleurs, les familles habitants en périphérie de la ville ou en provinces n’ont pas forcément accès à ces canalisations. Ainsi, ils n’ont recours qu’à l’eau de la rivière ou de la pluie. Cette dernière n’est cependant pas une très bonne méthode puisque les Cambodgiens récupèrent cette eau dans des jarres où ils la stockent. Or, en plus de la pollution par l’air, cela attire les moustiques qui viennent pondre leurs œufs à l’intérieur.

Que pourraient-ils faire pour accéder à cet or bleu ? Ce phénomène révèle la gravité de la situation. Nous devons agir de façon rapide et efficace, trouver une solution avant que des millions de vies ne soient perdues. En effet, nous ne comptons plus le nombre de personnes qui chaque année meurent du choléra, de la dysenterie ou d’autres maladies de ce type. Cependant, la plupart des méthodes utilisées pour purifier l’eau nécessitent beaucoup de temps et d’argent, ce qui est un inconvénient pour les Cambodgiens n’ayant pas forcément tout cela.

De nombreuses méthodes traditionnelles ont été utilisées au fil du temps afin de rendre l’eau propice à la consommation. Certaines sont efficaces, d’autres le sont moins. Parmi ces méthodes, l’efficacité et la facilité de l’une a été prouvée de manière scientifique. Cette méthode révolutionnaire dont nous vous décrirons les deux procédés différents ci-dessous est écologique, accessible à tous et conforme à l’idéologie du développement durable.

La filtration naturelle

Image 1Cette méthode, qui peut s’avérer trop simple voire même inutile à première vue, est une première étape primordiale. Connue depuis l’antiquité, elle utilise des matériaux simples à se procurer : il ne faut que du sable, du coton, du charbon et du gravier. Chaque matériau agit sur l’eau. Si le sable, le coton et le gravier possèdent plutôt des propriétés physiques, bloquant le passage de particules nocives qui peuvent se trouver dans une eau insalubre, le charbon quant à lui, attire les ions négatifs, caractéristiques des impuretés présentes dans une eau impropre à la consommation.

Image 2La filtration naturelle consiste donc à faire passer l’eau dans ces différentes couches afin de la purifier et de diminuer sa turbidité : le filtrat résultant est alors plus clair. Méthode extrêmement simple et accessible à tous, elle ne garantit pas la potabilité de l’eau mais diminue le nombre de particules nocives qui y sont présentes (dans le cas où l’eau a été prélevée d’une rivière, par exemple). Ce n’est que la deuxième étape de cette purification, la méthode SODIS, qui permettra la potabilisation de l’eau. Méthode encore peu connue, elle est néanmoins utilisée par cinq millions de personnes dans le monde entier.

La méthode SODIS

Image 3Après cette filtration naturelle, l’eau est alors assez claire pour passer au procédé de purification : SODIS (Solar water Disinfection – Désinfection Solaire de l’Eau). Pour la mettre en œuvre, il faut d’abord placer l’eau filtrée dans une bouteille Polyéthylène téréphtalate (PET) incolore (ou une bouteille en verre incolore). Il est important d’utiliser ces types de bouteille car elles sont thermodurcissables et résistent à l’action du Soleil. De plus, le fait qu’elles soient incolores évite d’absorber les longueurs d’ondes nécessaires pour la décontamination de l’eau.

Image 4La bouteille doit seulement être remplie au ¾ dans un premier temps afin de pouvoir la secouer et oxygéner davantage l’eau. Dans un deuxième temps, on remplit entièrement la bouteille et on l’expose au soleil pendant une durée de 6 heures minimum. Ce temps d’exposition peut être plus long selon l’ensoleillement et la température ambiante. Après refroidissement, l’eau récupérée est considérée comme potable et prête à la consommation.

Si cette exposition au soleil vous semble être inutile et n’avoir aucun effet sur l’eau contaminée, vous ne connaissez sûrement pas assez bien les rayons du soleil. En effet, ce sont les rayons UV-A du soleil qui éliminent les bactéries et autres micro-organismes, sensibles à ces longueurs d’ondes (320 à 400 nm), dans l’eau. Comme nous le savons, au contact des rayons UV, l’ADN est perturbé. Celui-ci est alors détruit ce qui causerait ainsi la mort de la bactérie.

Image 5Mais en plus de cette explication scientifique, nous pouvons ajouter que ce procédé permet de tuer jusqu’à 99,9% des bactéries pathogènes présentes dans l’eau. Ainsi, les bactéries causant les maladies diarrhéiques sont quasiment éliminées ce qui permet alors de réduire en grande quantité la mortalité infantile.

Ce projet est très avantageux au Cambodge. Premièrement, comme celui-ci est un pays chaud, les rayons du Soleil sont souvent présents ce qui élimine le problème des ciels nuageux. De plus, la simplicité de cette méthode qui ne requiert que l’emplacement des bouteilles au soleil évite aux Cambodgiens de perdre leur temps. Enfin, le prix de cette méthode est quasi-inexistant : les matériaux utilisés lors de ce procédé sont des matériaux locaux et donc proposés à un prix très bas. Puis, en plus d’être efficace, c’est un procédé qui repose sur une énergie renouvelable et gratuite. Cette méthode pourrait être la solution de demain pour les démunis d’aujourd’hui…

Netra Gourlay, Emily Heng, Première S.

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