La catastrophe du Tohoku, 2 ans après les volontaires sont toujours là

Avant les vacances d’été, nous avons reçu dans notre classe Noriko Hatta, une femme du Kansai, volontaire pour aider les populations sinistrées du Tohoku depuis la catastrophe sismique et radioactive du 11 mars 2011. Elle se rend très régulièrement dans cette région où elle a passé au total 5 mois pour la reconstruction et les enlèvements de débris ainsi que pour aider et encourager les sinistrés. Elle a eu la gentillesse de venir nous livrer son expérience et de nous rappeler les grandes lignes des événements tragiques qui ont bouleversé le Japon il y a déjà deux ans.

Noriko Hatta

Noriko Hatta

Le rappel des événements

Le 11 mars 2011, tout le monde peut voir les images tragiques du cataclysme qui vient de briser le Japon. Mais on peut à peine y croire, tellement c’est choquant : un séisme et un tsunami (« vague portuaire » en japonais) d’une ampleur exceptionnelle frappent le Nord-est du pays dans les régions de Fukushima, Miyagi et Iwate.

Alors que les gens sont au travail et vaquent à leurs occupations, le séisme de magnitude 9 empêche de tenir debout. Puis, à 14h46, les horloges s’arrêtent : le tremblement de terre dont l’épicentre est situé à environ 100km de la côte-est du Tohoku provoque un tsunami qui dévaste toute la côte et déferle à une vitesse comparable à celle d’un shinkansen (train à grande vitesse). La vague, de 12 à 35 mètres de haut, submerge tout, semant la mort sur son passage.

L’eau du tsunami se charge de boue et de débris. Un bus s’encastre au troisième étage d’une école primaire. La vague engloutit les voitures. L’essence contenue dans celles-ci se propage dans l’eau sale et provoque de graves incendies, causant de nombreuses victimes. Des personnes crient en s’enfuyant :“ Je ne veux pas mourir !”

Les sinistrés voient des personnes emportées par les vagues du tsunami et sont terrorisés.

Beaucoup de personnes sont désespérées et désirent mourir: ils ont tout perdu. Même 2 ans après la catastrophe, les suicides continuent. En revanche, la majorité des sinistrés essaient de se rétablir.

Pendant ce temps à Tokyo, les trains s’arrêtent aussi à cause de la force du tremblement de terre qui se répercute jusqu’au cœur de la capitale.

Les sinistrés du Tohoku attendent les secours dans le froid,  dans des bâtiments à moitié  effondrés et sur les toits de maisons, sans rien à manger ou à boire. “Ce fut un enfer sur terre”, commente l’un d’entre eux. Enfin, un accident nucléaire se déclenche à Fukushima.

Au total, 15776 personnes sont mortes, 4225 ont disparu  et 5900 personnes sont blessés. Il reste encore aujourd’hui, en 2013, 139000 réfugiés.

Les activités de Madame Hatta

Mme Hatta nous a livré son témoignage. En tant que volontaire, elle a vu beaucoup de choses choquantes. Par exemple, les randoseru (cartables utilisés par les élèves de primaire) montrent qu’il y a eu beaucoup de victimes qui étaient encore des enfants. Ces randoseru ne retrouveront plus leurs propriétaires…Elle a vu des horloges, qui se sont arrêtées à l’heure précise du tsunami, vers 15h26. Elle a aussi retrouvé des cadavres ou des parties du corps des victimes, comme des doigts et des jambes. A chaque fois que les bénévoles retrouvaient des morceaux, ils arrêtaient ce qu’ils étaient en train de faire et priaient pour l’âme de ces victimes.

Les bénévoles organisent encore aujourd’hui beaucoup d’activités pour alléger la tristesse des sinistrés qui ont perdu leurs familles, leurs maisons, et presque tout ce qu’ils avaient. Les bénévoles ont ainsi organisé un karaoké pour les personnes réfugiées dans une école. Ils propose aussi parfois des gestes simples mais qui réchauffent le cœur comme des massages des pieds ou des séances de maquillage.

La situation actuelle

Aujourd’hui la situation est loin de s’améliorer. Bien que les sinistrés reprennent un mode de vie à peu près normal, tout a changé pour eux. La plupart sont contraints d’habiter dans des habitations provisoires. Certaines personnes, notamment des mères et leurs enfants quittent la région du Tohoku pour protéger les enfants des radiations. L’explosion de la centrale de Fukushima a causé de nombreux dégâts et le taux de radioactivité est un million de fois plus élevé que le niveau de radioactivité naturel aux abords de la centrale. De ce fait, les restrictions alimentaires sont nombreuses : la vente de produits frais cultivés à Fukushima est très surveillée. Cependant, le gouvernement japonais minimise les problèmes causés par la catastrophe. La population japonaise ne sait donc pas ce qu’il se passe réellement ni les dangers qu’elle encourt. Cela reste donc un grand problème pour tout le Japon, problème sur lequel on devrait porter plus d’attention….

Les catastrophes naturelles peuvent intervenir à n’importe quel moment dans des pays comme le Japon et il faut être prêt mentalement. Les entraînements sont utiles : grâce à l’utilisation d’un casque, le taux d’espérance de vie est plus élevé que si on ne le porte pas. Dans certains cas au Tohoku, la pratique régulière d’entrainements en prévision de catastrophes a pu parfois sauver des vies.

Nous espérons que les survivants qui restent encore des réfugiés et qui ont tout perdu retrouveront tous une vie normale, si cela est encore possible pour eux.

Classe de 5° et de 4°, école française du Kansai. Juin 2013.

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