Les funérailles de Norodom Sihanouk, ancien roi du Cambodge

Nous allons vous présenter l’événement de la décennie qui a bouleversé la vie de plus de 14 millions de Cambodgiens. Le décès du roi Norodom Sihanouk a été un moment de grande tristesse pour la population cambodgienne ainsi que pour nous-mêmes les élèves au Lycée Descartes de Phnom Penh.

© Jeff Vize (Avec son aimable autorisation)

Le Roi du Cambodge Norodom Sihanouk est décédé à l’âge de 89 ans à Pékin en Chine, le 15 octobre 2012. Son corps a été rapatrié à Phnom Penh afin d’y être incinéré le 4 février 2013. La cérémonie a duré quatre jours durant lesquels des milliers de Cambodgiens se sont rassemblés dans la capitale pour exprimer leur émotion et leur attachement au père de l’Indépendance.

La crémation a été précédée d’une procession du cercueil royal de six kilomètres, entre le Palais royal et le Veal Meru (Veal Men), près du Palais et face au Musée national, où le corps a été incinéré. Le cercueil a effectué un tour de du centre ville de Phnom Penh en passant par le Wat Phnom et monument de l’Indépendance. Un peu moins d’un million de personnes sont descendues dans les rues afin d’assister à la procession. Toute la fin de semaine, des milliers de Cambodgiens se sont succédés devant le cercueil pour rendre hommage à celui qui se faisait appeler « monseigneur papa », après une procession vendredi de plusieurs heures dans les rues de la capitale.

Lors de la cérémonie, chants de bonzes, coups de canon et feu d’artifice se sont succédés. Tous vêtus de noirs ou de blancs les Cambodgiens sont venus en famille pour dire un dernier au revoir à leur ancien souverain. Le peuple était cependant tenu éloigné du site de crémation, réservé à la famille royale et aux hauts dignitaires du pays et de l’étranger. Lors de l’incinération, seuls les invités officiels ont été autorisé à pénétrer dans le crématorium construit spécialement pour l’occasion dans un parc proche du palais royal. Parmi eux, figurent la famille royale, le premier ministre cambodgien Hun Sen, plusieurs chefs de gouvernement asiatiques, dont le Premier ministre du Vietnam M. Nguyen Tan Dung, ses homologues du Laos M. Thongsing Thammavong, de la Thaïlande Mme Yingluck Shinawatra et le prince héritier japonais M. Akishino. Le premier ministre français M. Jean-Marc Ayrault a également été invité à l’incinération.

© Jeff Vize (Avec son aimable autorisation)

La présence de l’ancienne puissance coloniale française est « le symbole de la volonté politique forte d’entretenir des liens étroits et de confiance » avec le Cambodge, avait commenté le chef du gouvernement français à son arrivée dans la capitale. Le roi Norodom Sihamoni, fils de Sihanouk, en faveur duquel ce dernier avait abdiqué en 2004, et la veuve de Sihanouk, la reine Monique, ont symboliquement allumé le bûcher. La cérémonie a été retransmise sur toutes les chaînes cambodgiennes afin de donner la possibilité à tous d’assister à l’évènement direct. En effet beaucoup de grandes rues ont été fermées et la foule, en trop grand nombre, rendait l’accès au site très difficile.

Une partie des cendres a été répandue au niveau du confluent du Mékong, du Tonlé Sap et du Tonlé Bassac. Le reste reposera dans un stupa placé au sein du palais. Bien que son corps ait disparu, cet être si cher au Cambodge demeurera à jamais dans le cœur de ceux qui l’ont admiré ou aimé.

Serey Bunma Tong (2nde)

Biographie de Norodom Sihanouk

Norodom Sihanouk est né le 31 octobre 1922 à Phnom Penh. Il est mort le 15 octobre 2012 à Pékin. Norodom Sihanouk poursuit tout d’abord des études au lycée Chasseloup Laubat de Saigon au Vietnam le Cambodge ne possédant pas encore de lycée secondaire. Ce fut le gouverneur général de l’Indochine l’amiral Decoux qui le choisit comme souverain du Cambodge lorsque le précèdent monarque meurt en 1941. La France espère avoir en lui un monarque docile ne s’opposant pas a ses projets. En mars 1945 l’Empire japonais prend contrôle de l’Indochine et force Norodom Sihanouk a déclaré l’indépendance du Cambodge. Cette première indépendance prendra fin en octobre de la même année avec le retour des Français. L’indépendance du Cambodge sera finalement obtenue le 17 octobre 1953.

En mars 1955, Norodom Sihanouk abandonne la couronne au profit de son père (Norodom Suramarit) pour pouvoir mieux se consacrer à la politique. En 1960, à la mort de son père, Sihanouk ne remontera pas sur le trône et il prendra le titre de chef de l’Etat en laissant la fonction royale vacante. En 1970, lors d’un voyage en URSS de Norodom Sihanouk, le général Lon Nol chef du gouvernement le renverse. Le roi part alors pour Pékin où il fonde un gouvernement en exil : le gouvernement royal d’union nationale du Kampuchéa. Le 17 avril 1975, les Khmers rouges qui dominent l’armée populaire de libération remportent la victoire sur le gouvernement de Lon Nol. Le Kampuchéa démocratique est fondé et Norodom Sihanouk en devient le président. Cependant, en avril 1976, il démissionne et il est détenu en résidence surveillée par les Khmers rouge. Le génocide que provoquent ces derniers cause la mort de 1,7 million de Cambodgiens. En 1979, Sihanouk fuit l’invasion vietnamienne qui fait chuter le régime khmer rouge et se refugie en Corée du Nord.

Le 17 juillet 1991 Norodom Sihanouk est élu président par les 11 membres du Conseil National Suprême du Cambodge. Le pays se dote d’une nouvelle constitution, celle d’une monarchie constitutionnelle et en 1993 Sihanouk retrouve son titre de roi. Il abdique en 2004 pour son fils Norodom Sihamoni pour raisons de santé, il souffre en effet d’un lymphome depuis 1993. Il prend alors le titre de Roi-Père. Il poursuit de longs voyages à Pékin pour se faire soigner et il y meurt le 14 octobre 2012.

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